Air Medias : ce que cache vraiment ce nom sur votre relevé bancaire

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Vous scrutez votre relevé bancaire et vous tombez sur un débit intitulé « Air Medias » que vous ne reconnaissez pas. Pas de panique – vous n’êtes pas victime d’une fraude dans la grande majorité des cas. Ce nom cache une réalité beaucoup plus simple, mais que la plupart des utilisateurs n’ont aucune raison de connaître à l’avance.

Air Medias, c’est quoi exactement?

Air Medias SAS est une société française créée en 2015, immatriculée sous le SIREN 809 565 906, avec un capital social de 502 000 €. Son directeur de publication est Gaspard Hafner. Elle employait entre 20 et 49 salariés en 2023, et son activité est enregistrée sous le code NAF 63.12Z – les « Portails Internet ».

Concrètement, Air Medias est l’entité juridique qui opère derrière la plateforme MYM (mym.fans), un site de contenus exclusifs à abonnement. Depuis une décision d’assemblée générale du 15 juin 2022, l’objet social de la société a d’ailleurs été redéfini pour mentionner explicitement « l’administration de site internet ou application mobile notamment mym.fans ». Le lien est donc officiel et documenté.

L’ancien siège social était situé au 16 rue Cuvier, Lyon 6e – d’où le libellé « Air Medias Lyon » parfois visible sur certains relevés anciens. Depuis le 11 juillet 2025, la société a transféré son siège au 10 rue de Penthièvre, Paris 8e. Si vous voyez une transaction récente, c’est donc une entité parisienne qui la traite.

Pourquoi le nom Air Medias s’affiche sur votre relevé bancaire?

Le mécanisme est identique à celui de PayPal ou de Stripe. Quand vous payez sur un site marchand qui utilise ces intermédiaires, c’est le nom de l’intermédiaire qui apparaît sur votre relevé – pas celui du vendeur. Air Medias fonctionne de la même façon pour les plateformes qu’elle opère.

Concrètement, MYM ne traite pas lui-même les paiements en son nom propre. C’est Air Medias SAS qui encaisse, consolide et reverse aux créateurs. Ce choix est courant dans le e-commerce : il simplifie la comptabilité, centralise la gestion des remboursements et standardise les libellés bancaires. Pour l’utilisateur final, cela crée une opacité réelle – le nom affiché ne correspond à rien qu’il reconnaisse spontanément.

Ce modèle d’agrégateur de paiement est parfaitement légal. Il ne signifie pas que votre carte a été compromise, ni qu’un tiers a agi à votre insu. Il signifie simplement que la société qui a débité votre compte n’est pas celle dont vous avez visité le site.

Prélèvement Air Medias : comment identifier l’origine de la transaction

air medias prélèvement

Les libellés varient selon votre banque et la nature de la transaction. Voici les formulations les plus courantes que vous pouvez rencontrer :

  • AIR MEDIAS INTERNET : libellé standard pour les paiements en ligne, le plus fréquent
  • AIR MEDIAS COMMERCE ELECTRONIQUE : catégorisation utilisée par certains établissements bancaires pour les achats par carte sur internet
  • AIR MEDIAS LYON EME FR : ancienne formulation incluant l’adresse lyonnaise, encore visible sur des relevés antérieurs à mi-2025
  • AIR MEDIAS suivi d’un identifiant numérique : peut indiquer une référence de transaction spécifique

Pour retrouver l’achat correspondant, la méthode la plus fiable consiste à croiser la date du débit avec votre historique de connexion sur MYM. Connectez-vous à votre compte, rendez-vous dans la rubrique « Historique des paiements » ou « Mes abonnements » et comparez les montants et les dates. Le montant débité est généralement le premier indicateur : si vous voyez 9,99 € tous les mois, il correspond à un abonnement mensuel à un créateur précis.

Si vous n’avez pas de compte MYM actif mais que le débit apparaît, l’hypothèse d’un usage par un proche partageant votre moyen de paiement mérite d’être envisagée avant de déclencher une procédure de contestation.

Paiement CB et prélèvement récurrent : quelle différence avec Air Medias?

La distinction entre un paiement par carte et un prélèvement récurrent a des implications pratiques concrètes. Un achat CB via Air Medias est une transaction ponctuelle : vous avez cliqué, payé, et le débit s’arrête là. C’est typiquement ce qui se passe quand vous débloquez un contenu spécifique ou effectuez un achat unique sur MYM.

Un prélèvement récurrent, en revanche, correspond à une autorisation de débit que vous avez accordée lors de la souscription à un abonnement. Chaque mois, à la même date, Air Medias débite automatiquement votre carte sans que vous ayez à valider à nouveau. C’est le mode de fonctionnement des abonnements aux créateurs sur MYM.

La nuance bancaire est importante : un paiement CB passe par un système d’autorisation immédiate, tandis qu’un prélèvement récurrent repose sur un mandat que vous avez accordé. Les règles de contestation diffèrent selon le cas. Sur votre relevé, les deux apparaîtront sous le même libellé « Air Medias » – seule la régularité du montant vous permet de distinguer l’un de l’autre.

Air Medias et les abonnements MYM : tarifs et fonctionnement

MYM positionne ses abonnements dans une fourchette qui va de 4,99 € à 49,99 € par mois, selon le créateur que vous suivez. Chaque créateur fixe librement son tarif dans cette plage. Un abonnement à 9,99 € est courant pour des profils établis ; les tarifs au-delà de 30 € concernent généralement des créateurs avec une forte audience ou des contenus premium.

À ces montants s’ajoutent des frais bancaires de 7 % prélevés sur chaque transaction. La commission de MYM sur les revenus des créateurs peut atteindre 25 %. Ces deux lignes de coûts pèsent directement sur la rentabilité des créateurs, mais n’apparaissent pas séparément sur votre relevé en tant que fan – vous payez le prix affiché, point.

La plateforme revendique plus de 8 millions d’utilisateurs actifs en 2026, ce qui donne une idée du volume de transactions qu’Air Medias traite quotidiennement. Chaque débit mensuel d’abonnement passe par cette même entité juridique, qu’il s’agisse d’un abonnement à 5 € ou à 50 €.

Depuis juin 2023, la loi française impose que tout abonnement en ligne puisse être résilié en trois clics maximum. MYM se conforme à cette obligation : vous devez pouvoir vous désabonner depuis votre espace personnel, sans avoir à contacter un service client, sans délai artificiel. Si la démarche vous semble bloquée, c’est un signal qui justifie un signalement à la DGCCRF.

Air Medias peut-il aussi correspondre à un jeu ou une application mobile?

Un débit Air Medias ne pointe pas systématiquement vers MYM. La société peut rattacher d’autres services à son infrastructure de paiement, notamment des jeux en ligne ou des applications mobiles. L’objet social mentionne d’ailleurs explicitement les « applications mobiles » aux côtés du site mym.fans.

Si vous ne reconnaissez pas le débit et que vous n’avez pas de compte MYM, passez en revue vos téléchargements d’applications récents et vérifiez si l’un d’eux proposait un accès premium ou des achats intégrés. La date de la transaction est votre meilleur point de départ pour remonter à la source.

Comment contester un prélèvement Air Medias que vous ne reconnaissez pas?

air medias c'est quoi

Le cadre légal vous donne des droits précis. Pour un paiement par carte non reconnu, le délai de contestation est de 13 mois à compter de la date de débit (article L133-24 du Code monétaire et financier) si vous êtes un particulier. Passé ce délai, votre banque n’est plus tenue de rembourser.

La démarche concrète se déroule en plusieurs étapes :

  • Contactez votre banque par écrit (e-mail ou courrier) en précisant la date, le montant et le libellé exact de la transaction contestée
  • Indiquez explicitement que vous n’avez pas autorisé ce débit si vous êtes dans un cas de fraude avérée
  • Demandez le formulaire de contestation de votre établissement – certaines banques le traitent directement depuis l’application mobile
  • Conservez une copie de votre relevé avec le débit mis en évidence
  • Si la banque refuse, saisissez le médiateur bancaire, dont les coordonnées figurent sur vos conditions générales

Si vous avez bien souscrit un abonnement mais que vous souhaitez l’arrêter, la contestation bancaire n’est pas la bonne voie – vous devez d’abord résilier via votre espace MYM. La contestation bancaire est réservée aux transactions non autorisées ou frauduleuses. Tenter un chargeback pour un abonnement oublié mais valide peut entraîner un blocage de votre compte sur la plateforme.

Air Medias reste une société peu visible malgré un rôle central dans le e-commerce adulte

Le paradoxe est réel : une SAS de moins de cinquante salariés, dotée d’un capital de 502 000 €, traite des millions de transactions chaque mois sans que son nom soit jamais mentionné sur les pages de paiement des sites qu’elle gère. Aucun utilisateur de MYM ne voit « Air Medias » avant de valider son achat. Le nom n’apparaît qu’après, sur le relevé bancaire.

Cette discrétion est structurelle, pas accidentelle. Elle correspond au modèle de l’intermédiaire de paiement B2B : la société existe pour les banques et les régulateurs, pas pour les consommateurs finaux. Son numéro de TVA intracommunautaire (FR90809565906) et son immatriculation au RCS sont publics et vérifiables, mais ces données ne circulent pas spontanément vers l’utilisateur lambda.

Le transfert récent du siège de Lyon vers Paris suit une logique de représentativité commerciale classique pour une société qui grossit. Cela ne change rien au fonctionnement des paiements pour les utilisateurs existants.

Ce que les utilisateurs rapportent sur leurs expériences avec Air Medias

Sur les forums de consommateurs et les comparateurs de services, le schéma qui revient le plus souvent est identique : quelqu’un aperçoit « Air Medias » sur son relevé, cherche ce nom sur Google, tombe sur des discussions et réalise qu’il s’agit de MYM. La réaction la plus fréquente n’est pas la contestation – c’est la gêne de devoir expliquer à sa banque l’origine du débit.

Les signalements de vrais problèmes portent surtout sur des abonnements non résiliés malgré la demande. Des utilisateurs rapportent avoir annulé depuis leur espace client, mais continué à être débités pendant un ou deux mois supplémentaires. Dans la majorité des cas documentés, la cause est une erreur de manipulation – l’abonnement avait été mis en pause plutôt que supprimé.

Les contestations bancaires aboutissent dans les cas de fraude avérée (carte utilisée sans le consentement du titulaire), mais les banques refusent régulièrement les demandes de remboursement quand la transaction correspond à un abonnement validé par le titulaire. La vigilance sur les autorisations de prélèvement actives reste la meilleure protection : faites le tour de vos abonnements en cours une fois par trimestre, c’est une hygiène financière basique que beaucoup négligent jusqu’au moment où le relevé bancaire leur pose une question à laquelle ils n’ont plus de réponse claire.